Le pouvoir est de plus en plus déterminé à criminaliser le mouvement écologiste

Greenpeace a pénétré dans la centrale de Fessenheim mardi 18 mars. Une façon spectaculaire et non-violente de rappeler le danger que fait peser cette centrale - et d’autres -, ainsi que la nécessité d’engager une véritable transition énergétique.


Réponse du gouvernement, par le communiqué de Philippe Martin, ministre de l’Ecologie : en vertu de la Loi de programmation militaire, les installations nucléaires seront désormais considérées comme "zones nucléaires à accès réglementé".


C’est le mot "militaire" qui ici importe. On ne saurait mieux dire que les centrales nucléaires ne sont pas, ne peuvent pas être, des usines comme les autres. Elles recèlent un danger tel qu’elles doivent être surveillées de la même manière que, précisément, les installations fabriquant la bombe atomique.


Mais un autre terme interpelle, dans ce communiqué : "renseignement amont". Ce qui est dit là, c’est que le travail policier de surveillance va encore se développer à l’encontre de ceux qui pourraient avoir l’intention de pénétrer, comme Greenpeace, dans des centrales, mais aussi, on peut le craindre, à l’encontre de tous ceux qui luttent pour que l’on sorte du nucléaire."


"On rappellera aussi la violence démesurée exercées par les forces "de l’ordre" à l’encontre des manifestants contre le projet de Notre Dame des Landes à Nantes le 22 février dernier : tirs tendus de flash balls par des policiers qui n’étaient pas menacés, et qui se sont traduits par plusieurs blessés graves.


Tout ceci indique que le pouvoir est de plus en plus déterminé à criminaliser le mouvement écologiste, à exercer à son encontre une surveillance policière, à faire passer une contestation légitime pour un danger à la paix civile."


Le Monde "ATTEINDRE GREENPEACE


Le gouvernement veut mettre fin aux intrusions répétées de l'ONG :  douze actions depuis sept ans. Le statut juridique des centrales va évoluer, une nouvelle entité va être créée, les « zones nucléaires à accès réglementé ». En parallèle, un nouvel arsenal juridique sera soumis au Parlement par voie d'ordonnance. La « violation de domicile » ne sera plus alors le chef d'inculpation et devrait être remplacé par celui d'intrusion dans une « zone nucléaire à accès réglementé »." 


Source : Hervé Kempf pour Reporterre.


Photo : Lesazas


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