Scandale suisse, des déchets nucléaires cachés dans des jardins potagers. Les autorités ont caché la vérité.

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Des jardins potagers sur une ancienne décharge nucléaire. Depuis ce dimanche les journaux suisses Le "Matin Dimanche" et la SonntagsZeitung affirment que les autorités locales, cantonales et fédérales, sont informées depuis un an et demi, mais ont décidé de ne rien dire pour ne pas affoler la population de cette ville de 50 000  habitants situés dans le canton de Berne. Et alors que cette cachotterie flagrante fait scandale, l'Office fédéral suisse de la santé publique (OFSP) ose s'aventurer, dans des propos douteux, en affirmant que les risques pour la santé des gens qui vivent sur ce terrain sont infime, une simple lecture de ces mêmes journaux nous montre que si cette affirmation est probablement rassurante, elle n'en demeure pas moins étonnamment douteuse. En effet, selon la presse, l'analyse en laboratoire montre que seulement trois heures auprès de ces déchets suffisent à dépasser la dose limite de radiations tolérée sur une année entière, cherchez l'erreur, comment parler  de risques infimes ? De plus, c'est à proximité de ces déchets hautement radioactifs que les gens ont cultivé leurs potagers, les déchets n'étaient enfouis qu'à 30 cm et selon le journal Romandie la terre elle-même a  été fortement contaminée.


La ville de Bienne où les déchets ont été trouvés
La ville de Bienne où les déchets ont été trouvés

"Ils ont jardiné sur des déchets radioactifs" titrait ce matin 1 Juin, le journal "le Matin" 


"Ce n'est qu'aujourd'hui, après avoir été confrontées aux informations fournies au «Matin Dimanche» par un whistleblower, que les autorités ont fini péniblement par confirmer la dramatique situation." Tout commence avec une ancienne décharge à ciel ouvert dans laquelle l'industrie horlogère de l'époque avait jeté une peinture phosphorescente servant à illuminer les chiffres des horloges interdite pour son extrême dangerosité. "A partir de 1950, deux tiers des 15 hectares de la décharge désaffectée ont progressivement été convertis en quartier d'habitation. Quant au reste du terrain contaminé, il a été recouvert de 30 centimètres de terre fraîche, avant d'être investi par la population, qui y a installé une soixantaine de petits jardins potagers."


Comment donc l'OFSP ose parler de risque infime pour la population ? Peut-on vraiment le croire ? Quelle est la santé des gens qui habitent sur ce terrain et celle des gens qui ont cultivé des légumes sur une décharge nucléaire ? Des isotopes ont-ils été ingurgités ? Les statistiques montrent elles, que les gens sont plus malades qu'habituellement  dans ce quartier ? 


Selon le journal Romandie "La teneur la plus élevée vient de la terre remuée en début d'année: 300 microsieverts par heure y ont été mesurés." Nous savons donc que la terre elle-même a été contaminée. Quelle incidence pour les légumes cultivés dans une telle terre ? Le quartier resta dans l'ignorance totale jusqu'à l'ouverture du chantier de l'A5, en 2007-2008. Ce sera en novembre 2012 que le chantier tombera sur ces déchets. Une substance hautement radioactive. "120 kg de déchets radioactifs ont été obtenus après le tri. "Nous avons mesuré des doses de plusieurs centaines de microsieverts à la source", Danieĺ Dauwalder, porte-parole de l'Office fédéral suisse de la santé publique (OFSP), dans (Le Matin Dimanche) "Dans certains endroits, on a mesuré jusqu'à 300 microsieverts  par heure" c'est a dire plus de 100 fois le montant autorisé pour une décharge de l'époque !

 Découverte de déchet nucléaire sur un chantier à Bienne (Photo: Keystone ARCHIVES)
Découverte de déchet nucléaire sur un chantier à Bienne (Photo: Keystone ARCHIVES)

"Les autorités de santé publique se rejettent la responsabilité, les responsables locaux disant que cela aurait dû être à l'office de santé publique d'informer le public, mais l'OFSP rejette à son tour cette accusation et dit que cette responsabilité incombe aux autorités municipales. Même le Pr François Bochud, directeur de l'Institut de radiophysique du centre hospitalier du CHUV et président de la Commission fédérale de protection contre les radiations et de surveillance de la radioactivité (CPR) n'a pas non plus été tenu au courant de la situation à Bienne. Ne pas informer les habitants et les anciens occupants du jardin ouvrier était une erreur selon lui, car «tout finit par nous rattraper et il est beaucoup plus difficile de rester crédible et de récupérer la confiance de la population». " 


Pour cette fois en effet, la confiance du public va être difficile à rattraper en Suisse. 


"La législation en matière de radioprotection existe depuis 1991. Avant. il n'y avait pas de base légale. Il paraît donc très difficile de poursuivre l'industrie horlogère pour s'être débarrassée de peinture au radium en 1960 avant son interdiction , a expliqué Sybille Estier." Lien 


Lorsque l'on lit le rapport de l'office fédéral de santé publique, on s'aperçoit que l'office n'a pas jugé nécessaire de mesurer la radioactivité qu'à plus de seulement sept points du terrain. Pourquoi seulement sept ? Est-ce bien sérieux sur un terrain qui au total fait 15 hectares ? Le rapport ne fait aucune mentions du problème que représente de jardiner au dessus de seulement 30 cm de déchets nucléaires, aucun mot non plus sur le fait que c'est dans la terre elle même que les analyses en laboratoire on mesuré la dose record la plus élevée. Ils ne disent rien sur les mesures qui montrent que les doses limites pour une année sont dépassées en seulement 3 heures en certains endroits. Au lieu de cela, ils nous présentent leurs mesures politiquement raisonnables en nous assurant que les doses sont infimes pour enterrer toute crainte de la population. Des mesures qui n'ont rien a voir avec celles dont les média nous parlent. Les questions que cet article pose restent pourtant légitimes: comment l'OFSP oublie de parler du plus important, à savoir la dose limite annuelle qui est dépassée en seulement 3 heures et dont tout les journaux nous ont parlé ! Pas étonnant donc que certains déjà sur les réseau socios ont l'impression de se faire mener en bateau.



Par Oliver Starc